films et couleurs

Étalonnage : Quelques films à visionner pour leur couleur

Bonjour à tous, à toutes.

Quoi de plus naturel pour un formateur en étalonnage que de transmettre certaines oeuvres de fiction à visionner pour doper votre créativité colorimétrique.

Voici une petite liste de films que j’ai visionné assez percutant côté de leur colorimétrie, il ne s’agit bien entendu pas toujours de références culturelles incontournables ou incontestables, simplement une sélection de quelques films m’ayant marqué par leur style chromatique fort, assez évident.

Liste somme toute restreinte, mais que je compléterai au fur et à mesure, et bien entendu, il ne s’agit pas dans tous les cas d’un travail d’étalonnage numérique, bien souvent il s’agit de la direction photo, les décors, les costumes,… Mais ceci devrait vous donner déjà des exemples de style d’où vous inspirer.

Pandorum

Rien de particulier dans ce film qui n’a rien non plus d’exceptionnel mais qui enchaîne avec brio tous les styles conventionnels : Bleach Bypass, Bleu sombre, couleur de peau préservée, Dominante selon l’ambiance, High Key, Low Key, tout y passe.

Une vraie déferlante d’exemples types d’étalonnages conventionnels, pas de meilleure illustration des conventions de couleur en cinéma.

The Matrix

La dominante… L’oeuvre culte des Wachowski a su en tirer parti.

Dès que Néo entre dans la Matrice, sa veste sombre en devient verte, comme s’il devenait une ligne de code d’Amstrad…

Rarement un film peut être associé à une couleur précise, pour Matrix, c’est le vert. Pas d’exemple plus évident et percutant de l’utilisation d’une dominante, qui casse les codes en allant vers une teinte pouvant très vite dénaturer une image.

Mad Max : Fury Road

Terminé le temps des trempages de pellicule lavant essentiellement les noirs et blancs de leurs couleurs prononcées.

Parfois c’est l’équipe qui sature à cause du travail, parfois c’est l’image. Comme dans ce fabuleux désert de rouille pétant de rouge et de radiations chromatiques, un bleu nuit presque irréel pourtant flatteur pour la rétine.

A voir également, la version Chrome, noir & blanc, pour comparer 2 même images colorées et achromes, afin de prendre conscience que même dans un film achromatique, l’étalonnage peut avoir un rôle majeur.

Barry Lyndon

Difficile de parler d’étalonnage pour le chef d’oeuvre de mon réalisateur préféré, Stanley Kubrick, puisqu’il s’agit ici presque pour ne pas dire en totalité d’un style obtenu par la direction photo et l’éclairage.

Toutefois rare sont les films sachant définir leur image en quelques synonymes : Velouté, douceur, onctuosité.
Un contraste luminique maîtrisé à un tel niveau de finesse qu’on se croirait devant de la teinture sur soie, pourtant sans jamais transmettre l’impression d’une image laiteuse.

L’image de Barry Lyndon est tout comme son scénario et son ambiance : Une peinture de la Renaissance.

Phase IV

Restons dans le tableau et le « Kubrickien ».

Le créateur des génériques d’Alfred Hitchcock, Saul Bass, frappe très fort avec son seul et unique long-métrage de fiction.

Des zones uniformes saturées complexes tirant vers l’orangé laiteux combiné à des micro-contrastes retournés vous donnent une véritable sensation d’image plate, comme si vous vous déplaciez dans une teinture d’aquarelle créé au large pinceau.

Quoi de plus adapté pour un cinéma qui se veut avant tout contemplatif ?

Loin du Paradis

Après celui qui tire parti de la dominante, de la saturation, du contraste luminique, voici celui qui tire parti de… son contraste chromatique.

Encore un style qui s’obtient avant tout par la direction photo, la décoration, le maquillage et les costumes.
Une vraie déferlante de teintes, toutes plus diversifiées les unes que les autres qui vous feront voir le monde grisâtre après un cortège aussi coloré.

Un film que je qualifierais de film Arc-En-Ciel.

Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain

Et outre ceux qui tirent parti des dominantes salués, en existe t’il qui sont critiqués ?

C’est précisément le cas de la référence française de Jean-Pierre Jeunet, fort critiquée à sa sortie pour sa dominante quasi permanente de jaune verdâtre.

Un choix artistique justifié, pertinent ? A vous de juger en visionnant l’un des premiers films français exploitant l’étalonnage numérique.

A titre personnel, je trouve que le résultat total donne une soupe parfois insipide.

Kong : Skull Island

Comment faire du neuf avec du vieux ?

Revenons en à du cinéma somme toute très classique.

Le blockbuster de Jordan Vogt-Roberts a pourtant réussi à flatter la rétine : Nous connaissons tous le bon vieux Bleach-Bypass à l’image salie par la teinte Jaunâtre, Sépia entrelacée dans un contraste élevé et ponctué d’un grain pellicule très agréable, quoi de mieux pour une action se déroulant dans les années 70 ?
Mais comment renouveller ce style classique ? Fondez le dans des saturations poussées d’orange crépusculaire, de bleu nuit, de créatures gargantuesques éclatantes de Magenta-violets piqués d’un contraste vif-argent.

Un plaisir pour vos yeux.

District 9

Connaissez vous les Found-Footage ? Il s’agit de film tournés caméras à main comme si l’on voyait de l’oeil de la caméra tenu par les personnages du scénario (Meilleure référence du style : The Blair Witch Project)

La question est : Si vous faites une fiction non Found-Footage mais que vous désirez tout de même transmettre un style très réaliste, proche de l’information véridique, sur quoi jouez vous ? Mais sur la couleur, bien sûr.

Voici l’exemple type d’une fiction utilisant une colorimétrie bien plus proche du documentaire, image donnant un ton très semblable aux captations News, direct live, couleurs uniformes parfois laiteuses, dominante selon lumière solaire conservée, micro-contrastes enhancés.

Un film de fiction qui pourrait être utilisé pour donner l’exemple d’image en cours de documentaire. Un style plus qu’approprié pour l’oeuvre de Neill Blomkamp certes culte mais très dérangeante sur le fond.

Traffic

Nous avons beaucoup parlé de style général, mais qu’en est il de la continuité, l’évolution, la narration ?

3 histoires parallèles dans un même film. 3 styles colorimétriques.

Histoire au Mexique baignée d’image laiteuse sépia pâle, transmettant la sécheresse et la chaleur.
Histoire de la protagoniste Helena Ayala sublimée par un halo type glow scintillant dans un contraste renforcé, rapportant sa vie de rêve malgré l’empire de son Mari s’effondrant.
Histoire du protagoniste Robert Wakefield plongée dans le bleu profond, témoignant de sa détresse pour sa fille devenant Junkie.

Chacun des switchs narratifs sera immédiatement reconnaissable par le changement d’atmosphère chromatique et luminique.

Référence pour les étalonneurs.

Man Of Steel

Et pour finir, revenons en à un de nos blockbusters américains particulièrement médiocre qui n’aurait rien de marquant sans sa bande originale époustouflante made in Hans Zimmer mais aussi son style colorimétrique.

Un « Homme de Métal », comment lui donner de la personnalité ? Chromez le !

Une dominante de bleu quasi permanente faisant écho avec la tenue de Superman mais surtout sombre et luisante, profonde. Tel un tuyau de cuivre teinté et vernis.
A coupler avec une séquence de ville en ruine grise profonde, prenante, un vrai acier brossé.

Notons également un contraste de couleur parfois surprenant selon la teinte, dans Man Of Steel, la neige est bleue, la mer est verte. Pas de meilleur choix pour détourer le super-héros DC Universe de son environnement.

Zack Snyder aura plutôt réussi son « Man Of Style » de ce côté.

Et voici donc, encore une fois, il s’agit d’une petite sélection personnelle subjective, en aucun cas un classement mondial objectif.

Je viendrai donner compléter cette liste.

Merci pour votre lecture.

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